Trois coracles cinglaient vers le couchant

Alex Nikolavitch

L'auteur nous entraîne ici dans une Bretagne entre mythe et histoire, centrée ici sur la personne d'Uther Pendragon.

Trois coracles cinglaient vers le couchant

Quelques mots sur l'auteur. Alexis Racunica, dit Alex Nikolavitch, est un scénariste et traducteur de bande dessinée français. Il est aussi essayiste et conférencier, spécialisé dans la bande dessinée américaine.

Il a suivi une formation scientifique et exercé un certain nombre de métiers : laborantin, libraire, rédacteur de notices pour un dictionnaire de diététique, légendeur de photos de presse…, avant d’arriver à vivre de la bande dessinée. À partir de 1992, il écrit articles, nouvelles, et fait ses premières armes en tant qu’auteur.

Il a publié plusieurs albums de bandes-dessinées comme scénariste, en France comme aux États-Unis, ainsi que quelques nouvelles de science-fiction dont une dans le magazine "Fiction".

Depuis 1999, il travaille pour Semic comme traducteur de comics ainsi que scénariste pour des récits parus dans Fantask, Kiwi, Mustang, Spécial Zembla et Spécial Rodéo, où on a pu lire la série "Bernie, l'homme à la guitare", dessinée par Ronaldo Graça. Il a publié par ailleurs trois albums dans des genres variés.

Il a participé à la fondation du collectif Fulchibar, une "tentative de création d'un agent mémétique contagieux mais non pathogène"

Pitch. Trois coracles cinglaient vers le couchant. À leur bord, Uther, un chef de guerre de l'île de Bretagne, et ses compagnons de toujours. Leur destination, une île au bout de la mer, là où dit-on vivent les fées et les morts glorieusement tombés au combat. Que va-t-il chercher si loin des terres habitées par les hommes ? Alors que l'Empire romain n'en finit pas de mourir, et qu'un monde nouveau se refuse encore à naître, Uther sait-il seulement qu'il va enfanter d'une légende destinée à traverser les siècles ?

Ce que j'en ai pensé. Si l'on connait bien son fils, il existe peu de référence d'Uther, si ce n'est pour la conception d'Arthur. L'auteur était donc libre ici de nous conter son histoire en se basant sur les invasions saxonnes après le départ de Rome de Grande Bretagne. Je serais très probablement passé à côté de ce livre s'il n'avait fait partie d'une souscription des Moutons Electriques car je ne suis plus fan que ça du mythe arthurien. Par contre, l'histoire de cette période, assez peu documentée, est tout à fait passionante.

L'auteur nous livre ici un récit entremélé sur deux périodes temporelles plutôt qu'une simple linéarité, divisant le récit entre une partie plus mythique et l'autre historique. S'il n'est pas totalement indispensable au récit, il rajoute un peu de mystère au personnage du barde. Cela divise aussi l'intrigue entre une phase ascendante et une autre plus crépusculaire.

Les personnages du barde et d'Uther sont assez bien développés mais il aurait pu être intéressant de faire de même avec les quelques compagnons des coracles. Même le dernier romain est un peu trop en retrait. Le récit est sinon très bien écrit et agréable à lire, même s'il est difficile de ne pas faire la comparaison avec Chasse Royale de Jaworsky. La langue est ici plus fluide et le texte plus court. L'auteur n'insiste pas sur les scènes de batailles comme David Gemmel, ce ui évite d'alourdir inutilement le récit.

Malgré quelques défauts, c'est un très bon texte, pas forcément indispensable si l'on fan de légende arthurienne mais le côté mélange mythe et histoire est bien rendu. Il mérite donc tout à fait une lecture.

diaspora*
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