The sirens of Titan

Kurt Vonnegut

Farce déliceusement acide livré ici par un maître satiriste, les sirènes de Titant nous entraîne autour d'un improbable trio amoureux jusqu'à découvrir la signification ultime de l'humanité.

The sirens of Titan

Quelques mots sur l'auteur. Né de parents d'origine allemande (troisième génération), il fait ses études à la Shortridge High School d'Indianapolis. Là, il écrit pour le premier quotidien scolaire The Daily Echo. Il fréquente un temps la Butler University mais la quitte quand un professeur lui dit que ses histoires ne sont pas à la hauteur. De 1941 à 1942, il suit les cours de biochimie de l'université Cornell, tout en collaborant au journal étudiant le Cornell Daily Sun (la seule occupation intéressante de cette période selon lui), et il s'affilie, comme son père avant lui, à la Delta Upsilon Fraternity. Puis il entre au Carnegie Institute of Technology (devenu l'université Carnegie-Mellon) en 1943.

Après la guerre, Vonnegut fréquente l'Université de Chicago où il suit des cours d'anthropologie. Il travaille également pour le City News Bureau de Chicago comme correspondant judiciaire. D'après Vonnegut, l'université rejeta sa thèse sur les ressemblances entre la peinture cubiste et les soulèvements des Indiens d'Amérique au xixe siècle pour « manque de professionnalisme ». En 1947, il quitte Chicago pour Schenectady où il travaille au service des relations publiques de General Electric. L'Université de Chicago accepte finalement son roman Le Berceau du chat comme thèse en raison de son contenu anthropologique. Il est ainsi diplômé en 1971.

Sur le point d'abandonner l'écriture, Vonnegut se voit offrir un poste d'enseignant à l'Université de l'Iowa. Durant son séjour, Le Berceau du chat devient un succès commercial et il commence la rédaction d'Abattoir 5 ou la Croisade des enfants, maintenant considéré comme l'un des meilleurs romans américains du xxe siècle.

Pitch. Vint un temps où l'au-delà lui-même finit par perdre ses attraits. C'était entre la Seconde Guerre mondiale et la Troisième Grande Dépression. Et ce fut à ce moment-là que Winston Niles Rumfoord, un richissime Américain, fut transformé avec son chien en «onde spirale», ne pouvant plus dès lors se matérialiser sur Terre que tous les cinquante-neuf jours. Sur Titan, en revanche, il pouvait se mouvoir en chair et en os. C'est pourquoi il en vint à fomenter une guerre entre Mars et la Terre dont les résultats ne furent peut-être pas à la mesure de ses étranges ambitions...

Ce que j'en ai pensé. S'il y a bien une chose à retenir avec ce roman, c'est de ne pas se fier à la quatrième de couverture qui ne rend absolument pas l'ambiance du roman. On croirait avoir affaire à une vieux roman de SF de série Z alors que l'on a droit ici à une farce satirique d'une très grande force.

En effet, sous couvert d'une histoire déjà passablement farfelue, l'auteur nous mène par le bout du nez jusqu'à un dénouement assez inattendu et d'une ampleur assez gigantesque. Je n'avais pas ressenti un tel sentiment depuis le roman d'Andreas Heschbach, Des milliards de tapis de cheveux, dans un registre très différent. Entre temps, l'auteur nous aura fait suivre les aventures de son héros, tout sauf sympathique, sans que celui-ci n'ait véritablement de maîtrise sur les événements. S'il y a bien d'ailleurs une chose dont on ne se rend compte du pourquoi qu'à la toute fin, c'est bien que le hasard semble guider toutes les actions des personnages.

Comme toujours dans les romans de Vonnegut, le ton est fortement satirique et il se délecte à décrire tous les travers de la société consumériste américaine ; l'esprit d'entreprise en prend aussi pour son grade.

En définitive, je range ce roman parmi les grands chefs d'oeuvre de l'auteur, tout à côté d'abattoir 5, et également parmi les grandes oeuvres du XXe siècle.

diaspora*
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