Boudicca

Jean-Laurent Del Socorro

Après Royaume de vent et de colères, Jean-Laurent Del Socorro nous entraîne cette fois entre histoire et mythologie avec le récit de cette reine aujourd'hui un peu oubliée.

Boudicca

Quelques mots sur l'auteur. Jean-Laurent Del Socorro est un auteur indépendant français né en 1977, passionné de jeux de rôle.

Son premier roman est "Royaume de vent et de colères", paru en 2015, mais il a publié, en 2012, une nouvelle "La mère des mondes"

Pitch. Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?

À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Ce que j'en ai pensé. Après les guerres de religion, c'est encore une période sombre de l'histoire que l'auteur nous propose, sombre car peu explorée. Avant toute chose, et plus que l'Histoire elle-même, c'est le destin d'une personne, d'une reine, que l'on va découvrir. Loin d'être une biographie officielle, Jean-Laurent cherche, à partir du matériau historique, à retrouver l'essence même de Boudicca, femme et reine d'un peuple en lutte contre l'empire romain.

En se détachant volontairement de l'histoire officielle, l'auteur peut donc se permettre d'introduire certains éléments mythologiques, voire une certaine magie, sans pour autant dénaturer le récit. Se déroulant entre deux grandes batailles, le texte ne se concentre donc pas sur les combats mais plutôt sur le personnage, Boudicca, et sa relation avec les autres (fille, amante, mari) mais également l'exercice du pouvoir. C'est le récit d'une femme libre, au sens où la femme celte possède ici une certaine liberté par rapport à d'autres périodes de l'histoire, mais également prisonnière de son destin (en tant que reine de son peuple). Certains de ses choix sont clairement assumés et d'autres résultent d'une finalité historique à laquelle il est difficile d'échapper.

Le style de l'auteur est toujours aussi prenant et agréable à lire et on en savoure véritablement chaque page. L'adaptation de la taille du roman au récit est également à souligner : rien à enlever ou ajouter, c'est assez rare pour le préciser. C'est une grande réussite encore une fois et un très beau personnage féminin.

diaspora*
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